Dom Pérignon, de sa naissance à nos jours

Dom Pérignon, ce moine qui donna naissance à une cuvée mythique

TPPar Tony Pasquier4 min de lecture
Bouteille de Dom Pérignon Vintage 2008
Dom Pérignon : du moine d’Hautvillers à la naissance d’un champagne mythique

Du travail visionnaire de Pierre Pérignon au XVIIe siècle au premier millésime commercialisé en 1936, retour sur l’histoire d’un nom devenu indissociable du prestige de la Champagne.

L’abbaye d’Hautvillers, en Champagne, où Dom Pierre Pérignon consacra une grande partie de sa vie à perfectionner les vins de l’abbaye.

Tout commence à Hautvillers

Bien avant de devenir le nom de l’un des champagnes les plus célèbres au monde, Dom Pérignon était un homme.

Pierre Pérignon, né en 1639, est un moine bénédictin. En 1668, il rejoint l’abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers, près d’Épernay, où il exerce notamment la fonction de procureur et administre les biens de l’abbaye pendant près de quarante-sept ans. Office de Tourisme Hautvillers

Au cœur du vignoble champenois, il porte une attention particulière à la vigne et à l’élaboration du vin. Son ambition est immense : améliorer sans cesse la qualité des vins produits par l’abbaye.

Son travail porte notamment sur la sélection des raisins, l’assemblage et les méthodes de vinification. Son influence sera telle que l’histoire finira par faire de lui le « père spirituel du champagne ». Office de Tourisme Hautvillers

Mais une précision s’impose : contrairement à une légende très répandue, Dom Pérignon n’a pas, à lui seul, inventé le champagne.

La célèbre phrase qui lui est attribuée — « Je bois des étoiles » — appartient elle aussi davantage au mythe qu’à l’histoire documentée.

Pierre Pérignon meurt en 1715. Il est enterré dans l’église Saint-Sindulphe d’Hautvillers, où sa tombe est encore visible aujourd’hui. Office de Tourisme Hautvillers

Deux siècles plus tard, son nom devient une cuvée

Il faut attendre plus de deux cents ans après sa mort pour que le nom de Dom Pérignon apparaisse sur une bouteille destinée à devenir mythique.

L’histoire moderne de la cuvée se construit chez Moët & Chandon, propriétaire de l’ancienne abbaye d’Hautvillers.

Dans les années 1930 naît l’idée d'un champagne de prestige portant le nom du célèbre moine.

Une première opération est organisée en 1935 avec des bouteilles contenant du champagne du millésime 1926. Mais c’est un autre millésime qui va véritablement entrer dans l’histoire.

1921 : le premier Dom Pérignon

Le premier millésime officiellement commercialisé sous le nom Dom Pérignon est le 1921.

Il arrive sur le marché en 1936, soit quinze ans après la récolte.

C’est une distinction importante : 1921 correspond au millésime du vin, tandis que 1936 correspond à sa commercialisation sous le nom Dom Pérignon.

Le choix de 1921 n’est pas anodin. Cette récolte avait donné des vins particulièrement remarquables, capables de bénéficier d’un long vieillissement.

La philosophie de Dom Pérignon était née : produire un champagne d’exception associé à l’expression d’une année particulière.

Une règle fondamentale : uniquement des millésimes

Contrairement à de nombreux champagnes qui assemblent des vins provenant de plusieurs années, Dom Pérignon est exclusivement millésimé.

Chaque cuvée correspond donc à une seule année de vendange.

Et toutes les années ne deviennent pas automatiquement un Dom Pérignon.

Lorsque la récolte et les vins ne permettent pas d’atteindre le niveau recherché, la maison peut choisir de ne pas déclarer de millésime. Voilà pourquoi certaines années sont absentes de la chronologie.

Le temps joue également un rôle fondamental. Les vins connaissent de longues périodes de maturation avant leur commercialisation, et certains poursuivent leur évolution encore plus longtemps pour donner naissance aux expressions P2 et P3, autrefois notamment associées à la dénomination Œnothèque.

Il ne s’agit pas de nouveaux millésimes, mais de nouvelles expressions de vins provenant d’années déjà déclarées.

Les millésimes de Dom Pérignon blanc

Depuis le premier millésime 1921, la succession des Dom Pérignon raconte presque un siècle d’histoire de la Champagne :

1921, 1926, 1928, 1929, 1934, 1943, 1947, 1949, 1952, 1953, 1955, 1959, 1961, 1962, 1964, 1966, 1969, 1970, 1971, 1973, 1975, 1976, 1978, 1980, 1982, 1983, 1985, 1988, 1990, 1992, 1993, 1995, 1996, 1998, 1999, 2000, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2008, 2009, 2010, 2012, 2013, 2015, 2017 et 2018.

Cette chronologie permet aussi d’observer les interruptions : elles témoignent du principe selon lequel toutes les vendanges ne sont pas nécessairement destinées à devenir un Dom Pérignon.

Et Dom Pérignon devient rosé

L’histoire connaît ensuite une nouvelle étape avec la création de Dom Pérignon Rosé.

Le premier millésime élaboré est 1959, mais celui-ci n'est pas lancé commercialement auprès du grand public. Le 1962devient ainsi le premier Dom Pérignon Rosé commercialisé.

Parmi les millésimes rosés figurent :

1962, 1964, 1966, 1969, 1971, 1973, 1975, 1978, 1980, 1982, 1985, 1986, 1988, 1990, 1992, 1993, 1995, 1996, 1998, 2000, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2008, 2009 et 2010.

Du vin d’un moine à une icône de la Champagne

L’histoire de Dom Pérignon repose donc sur une étonnante rencontre entre histoire et légende.

Il y a d’abord Pierre Pérignon, le moine bénédictin qui, pendant près d’un demi-siècle à Hautvillers, cherche à améliorer les vins de son abbaye.

Puis viennent les années 1930 et la création d’une cuvée de prestige qui emprunte son nom.

Enfin, il y a 1921, le millésime fondateur, commercialisé en 1936 et devenu le point de départ d’une succession de grandes années.

Près de trois siècles séparent ainsi l’arrivée de Pierre Pérignon à Hautvillers de la naissance commerciale de la cuvée qui porte son nom.

Et c’est peut-être ce qui résume le mieux Dom Pérignon : un champagne dont l’identité s’est construite autour du millésime, de l’assemblage et, surtout, du temps.

À découvrir chez Chai Léon : Dom Pérignon 2015, Dom Pérignon 2008, Dom Pérignon P2 2008.

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